Nid-et demande d’asilo

fabrikdelabeslot

Par : Fabrice Beslot, Alain Marchand

Publié par: Editions Fage

Livre d’artiste accompagné d’un DVD.
En vente uniquement sur notre site (tirage limité).

«  Fabrice Beslot (fabrikdelabeslot) s’introduit lui-même, comme une citation, dans des expositions d’artistes en demandant l’asilo.
Un asilo nido, comme on dit en italien, une crèche pour le recevoir et l’accueillir (rappelons qu’en français, ce mot signifiait autrefois asile), un nid qui ne lui appartient pas, pour y pondre, tel le coucou, son œuf. Ou tenter de le pondre : l’acte de pondre est généralement long et les expositions dans lesquelles il œuvre sont bien gardées et protégées. Il pond donc des œufs dans les nids d’artistes prestigieux, à la vue de tous, non pour que ces derniers les couvent, mais pour fragmenter leur exposition, saper en quelque sorte leur unité, c’est-à-dire leur autorité. […]
Le nid de l’artiste choisi cautionnera l’annonce, en fanfare, de la polyphonie énonciative et pamphlétaire de son travail. En remerciement, Fabrice Beslot espère bien avoir un peu érodé ce nid. Ainsi, tout se retourne au point que l’on ne sait plus qui cautionne, qui emprunte, qui cite. Tout est contrarié au point que c’est l’inconfort qui est visé. Lui ne veut garantir de rien et contre rien, il a trouvé une forme et un lieu pour son œuf, lequel possède suffisamment de densité et de brio pour faciliter sa mémorisation et obtenir l’effet attendu : résonner, ou tenter d’accroître, dans cet inconfort, la durée et l’intensité d’une langue étrange, le fabrikdelabeslot. La faire entendre. […]
Voici ce que Fabrice Beslot professe : le conformisme et le confortable, ces absurdités, peuvent tuer l’art. […] L’art doit progresser là où personne ne l’attend, là où l’artiste peut s’activer dans une démesure généreuse, dans l’incommodité et le risque, dans une atteinte même à la visibilité, bref, dans ce que lui-même exige et active. Il ne désire même pas travailler pour produire une œuvre singulière, appartenant à un seul, il veut emmener l’art, tout l’art, et pas seulement le sien, dans cette césure. […] User l’art par tous les moyens, voilà ce qu’il veut. L’user et le réifier. L’user pour le réifier. Risquer même une réflexion, non sur les conditions de sa mort, mais sur sa mortalité. C’est une façon de lutter contre le gonflement de l’art jusqu’à l’idolâtrie, une façon de militer contre son alourdissement dérisoire. Une façon, pour lui, d’exécuter sa musique en mettant le désaccord dans les charmes du bricolage. »  Alain Marchand

« Fabrice Beslot invites himself as a quotation into other artists’ exhibitions by seeking asilo. An asilo nido, as the Italians call it, a crib to welcome and host him (let us remind you that the French word crèche used to stand for asylum), a nest that is not his, to lay his egg, like the cuckoo. Or to try to lay it: laying an egg generally is long, and the exhibitions he works in are well guarded and protected. So he lays his eggs in the nests [nids] of prestigious artists, in front of everyone, not so that the artists sit on it, but to mess their work, undermine somehow their unity, that is to say their authority. […] the nest of the chosen artist will support the announcement, in a spectacular fashion, of the pamphlet-like and enunciative polyphony of his work. As for thanks, Fabrice Beslot hopes to have eroded the nest a little. Thus it all gets to the point where nobody knows who supports, who imitates, who quotes. Everything is so twisted that the aim is discomfort. He dœs not want to protect from anything in any way, he has found a shape and a place for his egg, which has enough density and brilliance to both be remembered and obtain the expected effect: to echo, or in this discomfort try to increase the length and intensity of a strange language, the fabrikdelabeslot. […] Here is what Fabrice Beslot professes: conformity and comfort are nonsense and can kill art. […] Art must progress where no one is expecting it, where the artist can bustle about in a generous outrageousness, in discomfort and risk, endangering his own visibility, that is to say in what he himself demands and stirs up. He dœs not even wish to work to produce an unusual piece owned by only one, he wants to take art as a whole, not just his art, into this break. […]Use art by all means, that is what he wants to do. Use it and reify it. Use it to reify it. Even attempt a thought not on the conditions of its death but on its mortality. It is a way to struggle against the exaggeration of art to idolatry, a way to campain against its pathetic heaviness. A way for him to play his music, introducing discrepancy into the charms of handiwork. » Alain Marchand

Un texte bilingue d’Alain Marchand accompagne l’ouvrage sous la forme d’un livret inséré.
Co-édition ESAD -Valence, Musée Muséum départemental de Gap et Fage éditions.

  • 26€
  • Broché
  • 15.0 x 20.0 cm
  • 152 pages
  • Paru en : Mai 2015
  • ISBN : 9782849753835
  • Disponibilité : Disponible